Au lendemain des affrontements entre supporters parisiens et marseillais, peu après le report du match en raison de la grippe H1N1 ayant frappé des joueurs du PSG, la polémique enfle à Paris comme dans la cité phocéenne.
En présentant immédiatement «des excuses aux clubs, à leurs supporters et au diffuseur», la Ligue de football professionnelle a autant tenté de les éviter que d'anticiper les critiques qui se poursuivent sur le timing de l'annonce du report.
Le président de l'OM et celui du PSG, dont les joueurs sont à l'isolement jusqu'à mercredi, avaient pourtant dès samedi prévenu Frédéric Thiriez, le patron de la LFP, des risques possibles d'un report de dernière minute. Les faits étaient connus: 2000 Parisiens, un nombre inhabituellement élevé, devaient se déplacer et les deux camps avaient toute la semaine laissé filtrer leur volonté d'en découdre. «C'était samedi qu'il fallait prendre cette décision», a ainsi stigmatisé le président marseillais Jean-Claude Dassier. «Il ne fallait pas dire aux supporteurs: Descendez à Marseille, le match aura lieu. Je n'étais pas en ligne avec cette certitude», a approuvé son alter ego parisien, Robin Leproux.
La date du match sera fixée jeudi
Tout en admettant que «cette décision a certainement été difficile à prendre, au vu des enjeux liés à la santé publique, sans précédent dans l'histoire du football», le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, estime que la décision «aurait dû être annoncée plus tôt», vu la «spécificité» des rencontres OM-PSG.
«La LFP a respecté la procédure, c'est-à-dire avoir l'avis de la commission médicale et le respecter. Samedi, elle disait de ne pas le reporter, puis dimanche, elle a émis une recommandation forte de le reporter», précise Frédéric Thiriez. Chose sûre, la commission des compétions n'a pas retenu la date du mercredi qu'avait proposé les dirigeants marseillais. Un bureau de la Ligue (LFP) sera convoqué exceptionnellement le jeudi 29 octobre, dans la matinée, pour fixer une nouvelle date.
Canal+ veut qu'on tienne compte de ses abonnés
Et la chaîne cryptée qui devait retransmettre la rencontre ne veut pas être oubliée dans les calculs. Canal+ qui avait mobilisé une centaine de collaborateurs pour ce clasico a aussi beaucoup perdu. La chaîne a demandé lundi à la Ligue de football professionnel de tenir compte des intérêts des abonnés de la chaîne pour fixer une nouvelle date de programmation.
Le président du syndicat des clubs (UCPF), Jean-Pierre Louvel est entré dans la danse lundi matin. Pour lui, l'hypothèse émise par les dirigeants de l'OM de jouer mercredi le match serait «un peu précipité, si l'épidémie n'est pas enrayée au PSG».
L'OM voulait jouer mercredi
L'Olympique de Marseille souhaitait que ce match au sommet soit programmé mercredi afin de ne pas alourdir le calendrier du club. «On a un vrai problème de calendrier, c'est évident, a dit Jean Pierre Louvel, président du Havre (L2). Et il risque d'y en avoir d'autres, mais on le savait, cette problématique est indépendante de la volonté de tous: l'épidémie, attendue plus tôt, arrive fin octobre, on est à sa merci.» Au sujet de la décision tardive du report, annoncée dimanche en milieu de journée, la LFP est restée dans son rôle, estime-t-il: «Elle a respecté la procédure, c'est-à-dire avoir l'avis de la commission médicale et le respecter. Samedi, elle disait de ne pas le reporter, puis dimanche, elle a émis une recommandation forte de le reporter».
La SNCF porte plainte
La SNCF a annoncé lundi qu'une plainte allait être déposée pour «dégradations de matériel» dans le TGV ramenant dimanche soir de Marseille à Paris quelque 350 supporteurs du PSG. La SNCF a rappelé qu'elle portait systématiquement plainte dans le cas de dégradations mais n'a donné aucune précision sur le type et le montant des dégâts occasionnés par ces supporters. Bloqués par les forces de l'ordre au moment de leur arrivée dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles, ils avaient quitté la ville à 19 h 40 à bord d'un TGV spécial et s'étaient dispersés dans le calme à leur arrivée à Paris.